26 septembre 2018
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A venir (Fr)

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Pochette Cartouche Alb#4

Que restera-t-il de notre enfance
Quand nos deux héros s’en iront ?
Que restera-t-il de l’adolescence
Quand les écrans nous la mangeront ?
Que restera-t-il des belles années
Que l’on gaspille à travailler ?
Que restera-t-il du temps qui passe
Quand vient le jour où l’on trépasse ?
Que restera-t-il de la beauté
Quand nous aurons tout ravagé ?
Que restera-t-il de liberté ?

Que restera-t-il ?

Que restera-t-il de l’idéal
Que nous nous étions tatoué
Quand nous déclarerons forfait ?
Que restera-t-il de notre passage
Quand La Camarde passera par là
Que ce sera la fin du voyage ?
Que restera-t-il de nos désirs
Quand un jour le plus bel amour
Aux mots sera devenu sourd ?
Quand on ne voudra plus sourire
Que restera-t-il de notre visage ?

Que restera-t-il ?

Restera-t-il un Révolté
Une Amazone, un Etranger
Pour aimer encore le soleil ?
Restera-t-il quelques années
Pour mettre fin à ma chanson
Et vivre avec déraison ?
Restera-t-il dans l’univers
Une étoile à aller chercher ?

Restera-t-il…?

( Auteure: Géraldine D )


Ne me cherche pas où les myrtes poussent,
Tu ne m’y trouveras pas, mon bien-aimé.
Où la vie se fane près des machines,
Là est le lieu où je repose.

Ne me cherche pas où les oiseaux chantent,
Tu ne m’y trouveras pas mon bien-aimé.
Je suis une esclave, où les chaines résonnent,
Là est le lieu où je repose.

Ne me cherche pas où les fontaines jaillissent,
Tu ne m’y trouveras pas mon bien-aimé.
Où les larmes coulent, où les dents grincent,
Là est le lieu où je repose.

Et si tu m’aimes d’un véritable amour,
Alors viens à moi mon bien-aimé
Et console mon cœur du chagrin
Et adoucis pour moi le lieu où je repose.

( Paroles Morris Rosenfeld, 1911 )

Ce poème a été écrit pour rappeler l’incendie de l’usine Triangle Shirtwaist,
le 25 mars 1911, où Morris Rosenfeld avait été employé.
L’incendie avait fait 146 morts, 123 femmes et 23 hommes,
principalement des immigrants juifs et italiens.
Les ouvriers n’avaient pas pu s’échapper, car le patron avaient condamné les issues de secours,
pratique courante pour que les ouvriers ne prennent pas de pause non autorisée et pour prévenir le vol…


Il n’est plus temps d’attendre, le tic-tac grelotte.
Chaque minute en appelant sans fin une autre,
Me dit de prendre la clé et de la balancer
Dans un grand champ de blé, pour ne plus la trouver.
Mais je ne partirais que si tu viens avec
Le chat, l’oiseau et moi et puis quelques copecks.

Attrape un bout d’étoile et viens dans mon rafiot
Affronter les géants, qui habitent les flots.
Les vents impétueux nous mèneront tous les deux
Vers notre Eldorado, où nous vivrons heureux.

Je t’attends au tournant du bloc numéro sept ;
Ne prends pas trop d’affaires, nous partirons légers.
Avant de s’embarquer, j’irais voir un poète ;
Il me donnera des rimes, que nous pourrons chanter.
L’air nous emportera, jusqu’à notre ermitage
Où la rêverie viendra jusqu’au prochain voyage.

( Auteure: Géraldine D )


Un brin de folie s’est posé
Sur la foule qui s’est arrêtée
De penser, marcher, respirer
Quand la gitane est arrivée.

Elle s’enflammait comme elle tournait,
Elle suait comme elle transpirait
L’amour, la candeur, le désir
C’en était trop, il fallait en finir !

Couleur rubis, le rouge qui peignait ses lèvres
Couleur rubis, les roses jetées à ses pieds
Couleur rubis, la robe de la dernière prière
Couleur rubis, le brasier qui la consumait

Un visage d’ange défiguré
Pour un corps qui se refusait ;
Un sourire figé à jamais
Au nom de la cupidité.

Elle se battait comme palpitait
Son cœur pour celui qu’elle aimait.
La liberté, le rêve, le rire
C’en était trop, il fallait en finir !

Couleur rubis, le fard qui couvrait ses paupières
Couleur rubis, les yeux se détournant du ciel
Couleur rubis, l’insoumission et la colère
Couleur rubis, le poing brandi vers le soleil

A toutes les Esmeralda d’ici jusqu’en Inde.

( Auteure: Géraldine D )


Une guitare, une voix d’rocaille
Et voilà partie la chanson.
Au bar on s’arrête de boire
Ou au contraire plus que raison.
Le sport affiché sur l’enseigne
File dans les docs du public,
Emporté par les doigts magiques
Qui font courir la rengaine.

Le punk rocker aux mains d’or
Fait battre les cœurs les plus durs
Le punk rocker aux mains d’or
Panse un peu toutes nos blessures.

Le sourire s’installe sur les lèvres
Des enfants du rock binaire
Dans un mouvement tous balancés
Sur un parterre imaginaire.
Et c’est un peu comme un soleil
Qui réchauffe les corps fatigués
Par la déprime qui sommeille
Au creux des âmes révoltées.

Le punk rocker aux mains d’or
Une nuit est allé voir ailleurs
Nous laissant seuls avec la mort
Orphelins des accords majeurs

Mais le punk rocker aux mains d’or
Chante toujours et joue encore
Pour les gars et les filles du soir
Qui boivent la vie dos au comptoir.

A Schultz

( Auteure: Géraldine D )


Danser, être en transe, les amiEs, l’émotion
Beugler, être bourrée, embrasser, transgresser
Sourire, vivre, être folle, hors de contrôle !

C’est ce qu’on fait et que l’on continuera à faire !

Faire un mosh, un pogo, tourner, se lancer de la scène
Sauter, aimer, embrasser, baiser
Etre libre, sentir, jouir, bouger ses pieds !

( Auteure: Géraldine D )


Il est quinze heures sur the city ;
Le soleil couvre la ville brulante
De sa lumière rassurante,
Berçant les enfants endormis.

Dans un boui-boui des hommes jouent
Aux dés sans paroles et sans bruit.
L’un suit d’un air attendri
Un chien qui renifle la boue.

Quand soudain l’animal crie
Et se glisse dans ses genoux.
L’homme a compris et en un tour
Le pousse devant pour qu’il s’enfuie.

Cours, cours, ne m’attends pas
Cours, cours, et laisse-moi
Mais pense à moi, mais pense à moi
Ne m’oublie pas, ne m’oublie pas !

Dans une chambre un couple vit
Leur premier instant de bonheur,
Se laissant guider par l’envie
Et le battement de leur cœur.

Quand la terre se met à trembler
Ils croient au chavirement des sens,
Mais le hurlement des sirènes
Annonce déjà leurs souffrances.

Vite, vite, regarde-moi
Vite, vite et embrasse-moi
Mais si tu vis, si tu survis
Ne m’oublie pas, ne m’oublie pas !

Près de la centrale une maison
Abrite une mère et son fiston.
Ils n’ont jamais vraiment eu peur
De ce colosse en béton.

Alors ils restent comme hébétés
Quand celui-ci leur fait faux bond
Et tombe en pièces sous la pression
D’une vague emplie de mille déchets.

( Auteure: Géraldine D )


Une journée de plus, une courte nuit et puis,
Rien. Un téléphone qui ment et un écran qui vend.
Elle est si seule. Tous les siens sont partis.
Sur le meuble les visages lui sourient gentiment.

Pourtant les photos montrent une vie bien remplie :
Deux magnifiques enfants, un mariage réussi,
Une jolie maison, les vacances à la plage,
Des collègues bien sympas, un travail acceptable.

Les années défilaient sans qu’elle s’en aperçoive
A prendre soin des siens, à s’occuper d’un rien,
Si ce n’est les petits soucis du quotidien.
Ici, tout allait bien. Pourquoi chercher trop loin ?

De femme elle devint mère, puis elle devint grand-mère,
Belphégor camouflée par des masques divers.
Elle ne se souvient pas si un jour elle fut belle
Et ce n’est pas la chose que l’on attendait d’elle.

Une lueur dans ses yeux voudrait étinceler,
Mais il est bien trop tard, la porte s’est refermée.
Et si elle avait su elle n’aurait pas foulé
Ses désirs les plus fous, ses tendres amitiés.

Mais la morale nous pousse à vivre sobrement,
A Diogène elle préfère Candide et son jardin.
La jouissance est jetée au fond des souterrains.
La voix de la télé la berce gentiment…

A toutes nos grand-mères.

( Auteure: Géraldine D )


Eh toi !
Tu parles de mon corps ?! Ecoute une dernière fois.
Dans ton stéréotype les femmes sont belles comme ça :
Il faut qu’elles soient sportives, élancées et futiles,
Mais la poitrine en berne et les fesses rebondies.
Tu peux les tripoter, les siffler, les baiser,
Puisqu’elles sont exposées, elles n’attendent que ça ..!
Pour travailler aussi il faut être séductrice,
Car le cerveau des femmes se trouve dans leurs seins.
Elles doivent porter talons, jupes et artifices
Ou au contraire cacher leurs formes et leurs attraits.
En tous les cas c’est bien le mâle qui décide.

Femme, greluche, gonzesse, zouze, femelle, salope ou princesse,
Moukère, mère, laideron, frigide, pute, Djinn ou tigresse.
Je me fous de comment tu m’appelles, je porte fièrement mon sexe.

Je t’ai entendu dire « mais c’est vieux comme la terre
Les hommes travaillent, gouvernent, les femmes mettent au monde ! »
Maîtres de l’univers contre maîtresses de maison.
Le fort qui protège la faible ménagère ?
Ah ! C’est pour ça qu’ils frappent, violent, meurtrissent et bastonnent
Monnayent le vagin, le cul de celles qu’ils aiment tant..?!
Aujourd’hui tu as peur car tu vois qu’elles contestent
Les traditions que t’as mis des siècles à construire
Pour contrôler leur corps. Et tu as bien raison.
Alors tu rétrogrades, tu cherches à ralentir.
Mais la liberté est une flamme qu’on ne peut éteindre…

( Auteure: Géraldine  D)


Des années qu’on part sur les routes pour aller jouer
Du punk et chanter la joie, la rage, les poches percées.
C’est pas le fric, c’est pas la gloire ; c’est la passion et l’amitié
Qui nous enivrent et nous font vivre.
Pas question de se déclarer un jour forfait,
Il est trop tard pour ne pas toujours continuer.
Et l’aube serait bien trop ennuyeuse et futile
En seule consommatrice, rangée, docile et servile.
C’est pas le fric, c’est pas la gloire ; c’est la passion et l’amitié.
Parce que c’est vous, parce que c’est nous.

Les Amis, les Sportifs de Montreuil City
Se bousillent les oreilles en écoutant nos vers.
Aux Tanneries, le « King » est écroulé sur les enceintes,
Souriant et bercé par les refrains et les riffs.
A Berlin le Premier mai, on retrouve les copains
Dans le désordre du Rebel Store, des manifs et de la scène.
Le Köpi et le Supamolly nous rappellent que l’on peut
Faire la fête et se battre et construire.
L’Athénée bordelaise, elle non plus n’est pas en reste.
On y est toujours décoiffé par un vent libertaire.
Il nous porte vers l’Euskadi, pour qui mon cœur s’emballe,
Happé par la fraternité, les décennies de lutte et la montagne.
La bouffe vegan du Zorro, les balades à SanPauli avec notre punk guide.
L’émotion débordante au concert pour Paco, et les bières
Qui ruissellent pour mieux cacher les larmes.
Les balades au bord du Weser avec les potes de Brême
Qu’on retrouve parfois dans les manifs antifa avec ceux de Düsseldorf.
Le feu et la fête au concert à Budapest et au festival DIY de Gdynia.
Fritz et Félix family, les Grallouiteurs, le Grand Roger l’agenais,
Les punks (bleus) de Kiel, la CCC, les terriens de Rochefort
Et de Bourg en Bresse, sont bien plus forts
que les douaniers qui nous foutent à poil,
Avec nos gueules de suspects dans leurs têtes formatées.
Puisque rien n’y fera, on sera là dans tous les cas.

( Auteure: Géraldine D )

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