13 novembre 2018
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Chronique LaGrosseRadio

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La grosse radio

Une sympathique chronique de Yannick krockus  de La Grosse Radio en ligne

Cartouche. Le rock made in MonStreuil a encore frappé.
Il y avait Parabellum, le flingue, et voilà Cartouche, le projectile. Il n’y a pas de hasard, c’est là que ça se passe.
Depuis 15 ans déjà, le groupe arpente l’Europe, à grands coups de Punk-Rock canal historique. A l’occasion de la sortie de A venir, 4ème opus du combo, penchons-nous sur ce groupe atypique dans l’univers viril du Rock à guitares.

Cartouche, c’est une certaine idée du Rock. C’est le rock militant, le rock engagé, le rock à valeurs. Le Punk avec du coeur. Avec de la voix aussi. Cousins de 10 Petits Indiens et de sa voix d’or Isabelle Voisin, rock à voix, bercés à la chanson française (Fréhel, Piaf), Cartouche porte son identité bien haut.

Cartouche, c’est aussi un son. Leur quatrième album, A venir, a été enregistré près de Angers, dans une ancienne usine de traitement d’eaux usées, ça ne s’invente pas. Rien à voir avec la qualité de la production, le son a été peaufiné aux petits oignons. La voix de Géraldine porte, puissante, tout au long de l’album. Car oui, si tu ne l’avais pas compris, Cartouche projette son son Punk-Rock sur une voix féminine. Et ça fait du bien, dans ce monde de musique brutale où la testostérone prend parfois trop le pas sur le reste. D’autant plus que ce n’est pas un simple faire-valoir, c’est une vraie chanteuse, la dame. Pas besoin d’autotune, la voix est puissante, juste, chaude, et pousse les textes bien écrits.

C’est ça aussi, Cartouche. Des textes. Militants, encore plus que engagés.
Pour dénoncer le drame des femmes prises au piège de sociétés patriarcales (« Couleur Rubis »), ou pour crier bien fort sa fierté d’appartenir au sexe féminin, dans un manifeste scandé plus que chanté (« Femmes »).
Pour s’interroger sur ce qui restera après. « Que restera-t-il quand on ne voudra plus sourire, que restera-t-il de notre visage…« . « A Venir », le morceau qui ouvre l’album, questionne le futur, la perte de l’envie. « Restera-t-il un révolté, une amazone, un étranger, pour aimer encore le soleil?« .

Amer ? Non, pas pour autant. Mais lucide. Sur les fêtes, la transe, les concerts. « The Party », ou comment résumer tous ces moments de liesse collective.
Pour se rappeler aussi. « Le Punk Rockeur », hommage au grand Schultz de Parabellum, parti trop tôt, et dont la ganache manque tellement, à Montreuil en particulier.
Spéciale dédicace, comme disent les jeunes. « Jusqu’au bout », qui ferme l’album, est encore un manifeste. Comme quoi, les 4 Cartouche ne vont pas en rester là. Avec une énumération de dédicaces, des souvenirs glanés durant ces longues années de chevauchées, aux quatre coins de l’Europe, ce morceau porte à lui seul la passion et l’amitié qui unit le groupe.

Et la musique, alors? C’est bien beau, de causer des textes, mais ça vaut quoi ? Ca joue ? C’est bon ? C’est propre ? Ca envoie ?
Et bien oui, c’est tout ça en même temps. Cartouche c’est un retour au Punk-Rock des années 80-2000, aux racines du genre, avec des vraies mélodies dedans, des guitares, du rythme binaire, qui claque. C’est simple et efficace. Ecoute l’introduction de « Jusqu’au bout », ou « My Resting Place » et « A venir ». La voix adoucit l’ensemble, sans pour autant toucher à l’énergie. Des riffs intéressants également (« L’échappée », « Couleur Rubis »), on retrouve toute la panoplie.

Les grincheux diront sans doute qu’on a déjà entendu ça. C’est un peu vrai, le style de Cartouche va fouiller dans les cuisines du Punk-Rock français historique, petit accent de nostalgie accentué par la voix, très marquée chanson française. Et alors ! D’abord on aime ça, donc pourquoi s’en priver. Et puis surtout, le côté frais sans la façade muscles apparents mais avec cette sincérité à la place fait du bien.

Oui, c’est ça. Cartouche, ça fait du bien.

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