10 décembre 2018
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Je trahirai demain

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Cartouche Je trahirai demain

Il en a vu défiler le pavé parisien,
Prolétaires, étudiants, femmes, crèves misères,
Comme ce soir d’octobre où les Algériens
Par milliers envahissaient ses artères.

Ouvriers, familles, endimanchés et sans armes
Sortant de l’ombre contre le couvre-feu
Manifestaient sans se douter qu’un drame
Se tramait aux portes de la capitale.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Ce matin sur les quais de la Seine

« Si vous tirez les premiers vous serez couverts »
Avait dit le préfet à sa garde policière
Qui dans tout Paris vous tendait un piège
Digne des plus importants états de siège.

Vous étiez venus manifester pacifiquement
Là où l’on vous attendait la matraque à la main
Vous frappant sans relâche ignominieusement
Et beaucoup s’effondraient sous les cous de gourdins.

Le fleuve a emporté le rire de mon amant
Mais le vent me ramène l’écho de mes vingt ans,
Pour rappeler au monde la force de notre amour
Et la léguer à ceux qui se battront toujours.

Sous le pont Mirabeau, coule la Seine
Et mon amour d’Algérie…

( Auteure: Géraldine D )


Il est trop tard pour rattraper, je sais
Les années que l’on a brûlées
Désabusé, chacun se dévisage
Dort, se réveille en contenant sa rage.

Il est trop tard pour relancer, je sais
La loterie où se jouaient nos destinées
Et si un jour tu devenais ce que je hais
Alors il nous faudrait nous affronter.

Qui y a t-il entre toi et moi
Qui y a t-il entre eux et nous
Quel sera notre destin
Où en serons nous demain ?
Qui y a t-il entre toi et moi
Qui y a t-il entre eux et nous
Nous chercherons à quatre mains
A donner sens au lendemain.

Tombés dans une marmite de potion
Au goût de punk et de Révolution
Nous fûmes retournés par le « No Futur »
Et emportés tous deux dans l’aventure.

Les textes hurlés à devenir aphone
Les slogans déclamés dans le mégaphone
Les amis bousculés dans des danses effrénées
Qu’on retrouve sur le pavé, prêts à tout renverser.

Aujourd’hui tu me dis que rien ne changera
Qu’il vaut mieux se caser et vivre pour soi.
Aujourd’hui je te dis que notre heure viendra
Et j’aurais de la peine que tu ne sois pas là.

( Auteure: Géraldine D )


Mais qu’elle est rouge la vallée
Tous les arbres se sont embrasés
Ce n’est pas le soleil couchant
C’est le souvenir de mon sang

Par les bois et par les sentiers
Par les taillis et les fourrés
Je flânais sans trop de soucis
Gambadant avec mon petit

Et quand au détour du chemin
Soudain s’est dressé mon destin
C’était mon ennemi de toujours
Et j’ai dit adieu aux beaux jours

Voici venir le vil chasseur
Le plus cruel des prédateurs
Cannelle belle et si rebelle
La vallée a perdu Cannelle

Vous m’appeliez Cannelle
Et je suis devenue Canaille
Féroce et criminelle
La dévoreuse de bétail
Une bête à combattre
Une bête à abattre

( Auteure: Raymonde S )


Elle  a 15 ans et la peau douce
Toi, tu la vois, toi tu en souffres
Toi, tu n’es rien, tu n’es qu’une loque
Elle sans savoir elle te provoque.
Tu suis son cul avec envie
Ton membre est dure ta tête pourrie

Eh le frustré, tu n’as plus qu’une envie
Eh le frustré et ton regard te trahit

Depuis le temps qu’tu la suivais
Dans toutes les rues où elle trainait
Tu n’pouvais plus résister
A sa dégaine qu’elle négligeait
A sa jeunesse qu’elle oubliait
A son allure de déglinguée

Eh le frustré, elle te monte à la tête
Eh le frustré, tu te sens fort et viril

Alors qu’ton foyer t’attendait
Alors qu’sans soucis elle marchait
N’en pouvant plus tu l’arrêtas
Et dans un coin tu la violas
Puis soulagé tu repartis
Vers ta famille et ton ennui

Eh le frustré, tu l’as démolie
Eh le frustré, et pourtant tu l’oublies
Eh le frustré, mais son heure viendra
Eh le frustré, et tu t’en rappelleras ..!

( Auteure: Géraldine D )


Je trahirai demain, pas aujourd’hui
Aujourd’hui, arrachez moi les ongles,
Je ne trahirai pas.

Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne me faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.

Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin.
Pour trahir la vie,
Pour mourir.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet ?

Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.

( Auteure: Marianne Cohn, novembre 1943 )


Soulève ton voile vient nous raconter
Ta vie tes rêves tes désirs prohibés

Car qui saura déchiffrer
Le secret derrière ton voile
Car qui saura délivrer
Tes pensées qui se dévoilent

Dans la rue j’ai croisé une femme
Qui suivait comme un chien suit son maitre
Son mari possesseur de son être
J’ai souffert cet intime mélodrame

De son voile ton beau regard inconnu
Qui semblait me faire des révélations
Sur sa vie son quotidien méconnu
J’ai voulu vous conter mon émotion

Beaucoup ont écrit beaucoup ont parle
Mais nul ne connait ta réalité
Plein de soumission  de larmes ravalées
De renoncements de drames ignores

Si certains déclarent que tu as choisi
Ta destinée en connaissance de foi
Vouée à ta famille a ton mari
Obéissant aux règles de leur lois

Le doute me saisit quand je croise ta vue
Toi l’exilée du monde extérieur
Je lis dans tes yeux ta parole défendue
Ton jardin secret est plus que douleur

( Auteure: Raymonde S )


Frères de labeur, piliers de comptoir
Camarades syndiqués, tout droit sortis du Noir
Momo et Jojo, mineurs à la retraite
Regardent brûler leur monde, au bar, en tête à tête.

6 heures, le petit blanc au café du coin
Les vieux mineurs sont là, chaque matin, chaque soir.
La belote, les copains, les histoires qu’il faut croire
Et le coup de trop qui devient le coup d’ poing.

José est né ici, du jeu sur les terrils,
Il descendit ado, au fond de la mine
Avec son père, son frère et ses copains d’école.
Il remonta un jour un trou dans les poumons

Frères de labeur, piliers de comptoir
Camarades syndiqués, tout droit sortis du noir
Momo et Jojo, anciens mineurs de fond
Chantent leurs souvenirs, sur un air de violon

Mohamed est né là bas, des baignades en mer,
Il s’enfonça adulte, tout au fond de la terre
Laissant ceux qu’il aime, au loin sur le rivage.
« Il ouvrirait un jour un commerce sur la plage ».

40 ans après la première chute en Enfer
Jojo et Momo sont là à boire un verre.
Momo a épousé la sœur de Jojo
Et tous se sont construits un coin de Paradis.

Frères de labeur, piliers de comptoir
Camarades syndiqués, tout droit sortis du noir
Momo et Jojo, brûlent leurs derniers jours
Et jamais, ils l’ont promis, ne feront demi-tour.

( Auteure: Géraldine D )


Hommes et femmes nés à cheval sur deux siècles près
D’une ville plongée dans un long sommeil où
Le temps a englouti les espoirs les plus fous,
Nous courons sans le souffle vers l’accord parfait.

Majeur quand il est punk.
Mineur quelques fois.
Faux quand il respire la colère, juste
Reflet de nous-mêmes.

Et on continue à l’unisson
A poursuivre nos rêves
Emportés par le son
Avec la même fièvre.

Au loin la Tour Eiffel se dresse comme un mât
Résistant au naufrage d’un certain idéal.
La beauté déployée de toutes les utopies
Émerge avec panache du Ventre de Paris.

Quand celui-ci a faim,
La clameur gronde soudain
Faisant vibrer la corde
De la rage de vivre.

Vocale ou électrique,
Passionnée ou mélancolique
On sera morts peut être
Qu’elle résonnera encore.

( Auteure: Géraldine D )


L’ouvrier te maintient sous la menace d’une grève
Te laissant dans l’angoisse d’un arrêt du travail
Patron si tu veux augmenter ton profit
Harcèle le syndicat jusqu’à ce qu’il en crève

Mais défends-toi !
Fais plier l’opposition
MEDEF en toi !
Fais baisser l’imposition
Mais défends-toi !
L’ouvrier veut ton pognon
MEDEF en toi !
Ne fais pas de compromissions

L’Etat te suce tous tes bénéfices
Il t’accable de charges et tu croules sous l’impôt.
Patron, si tu veux augmenter ton profit,
Place tes capitaux dans les paradis fiscaux

L’Opinion te contraint au contrôle écolo,
Surveille tes usines, jalouse ses droits sociaux.
Patron, si tu aimes les vacances en Asie,
Profite de l’occasion, car tout est à bas prix…

Explique ici comme il est déloyal
D’être concurrencé par des étrangers,
Qu’il faut fermer boutique et
Que les chômeurs seront indemnisés.
Et grâce à toi, là-bas, des gens vont pouvoir manger.
Une entreprise sociale, voilà ce que tu fais.
Mais assez parlé, dépêche-toi d’y aller
Avant qu’eux aussi ne veuillent se syndiquer.

( Auteure: Géraldine D )


Un sourire de femme, un hangar,
Des tours, des immeubles, une gare :
Inattendu panorama !
Est-ce une scène de cinéma ?
Si oui aucun doute permis,
Le décor porte un nom : Paris.
Ici le soleil a sa place ;
Il donne un faux air de Ramblas
A l’avenue l’après-midi.
D’artifice ou sacré le feu
Inaugure la nuit sans aveu
Sur le trottoir abasourdi.

La Seine avait un côté jardin.
Paris, t’en souviens-tu ?
Ce n’était pas celui de délices.
Pari perdu !

Puisqu’à tout décor, un envers,
Là voici l’esplanade vers
Laquelle les errants se dirigent.
Au bout des planches, un escalier
Dispute au verre et à l’acier
La paternité d’un vertige.
Plus tard, à l’ombre, attablé face
A la tour Eiffel, en terrasse,
Qui voit passer les bateaux mouches ?
Si, comme au garde à vous, les arbres
Rendent les honneurs à ta bouche
Le palais, lui, reste de marbre.

Il faut à mon triomphe un arc !
J’en vois deux, béat, dans le parc
– Non c’est un jardin les Tuileries !-
Mais toi Paris tu as compris
Pas de conquête, ni de sacre
Pour mettre un terme au simulacre.

( Auteur: Alexandre D )


Un bourreau. Des barreaux
L’arrêt signé dans un bureau.
La haine. La peine
Un homme en quarantaine.

La peur. La fureur
La sanction du bras vengeur.
La Loi. Au nom du droit
La liberté que l’on foudroie.

La valse des prisonniers.
Le tango des enfermés.
Ils tournent, tournent en rond
Les condamnés à la prison.

Se venger et juger.
Casser, déstructurer.
Réformer le droit pénal
Pour harceler le marginal.

Avilir. Asservir
Empêcher de vivre.
Punir et écarter
Le danger de la société.

Le soumis est écrasé.
L’insoumis est enragé.
Le premier est pulvérisé.
Le deuxième encore plus révolté.

Et l’Homme tourne, tourne en rond…

( Auteure : Géraldine D )


Qui veut gagner du pognon ?
Six milliards de nouveaux Cro-Magnon
Pourrez-vous répondre Monsieur Con
A la question à un million ?
La croisière, la ferrari
Le bonheur, le salon en cuir
On vous les offre sur un plateau
Voilà Jean Pierre mon dernier mot :

Télé, télé de merde

Overdose de publicité
Abondance et futilité
Qui pourrait nous faire avaler
De la merde bien emballée
Et nos cerveaux colonisés
Par un idéal de beauté
Tous nos gouts enrégimentés :
Confort et conformité

Bonsoir mesdames et messieurs
Ouvrez tout grands vos yeux
Et cessez votre réflexion
Digérez notre information :
La guerre est inévitable,
Nous vous la servons à table
Versez une larme ou 2
Les larmes des gens heureux

( Auteurs: Olivier D / Alexandre D )

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