10 décembre 2018
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Bread & Roses (Fr)

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Cartouche-Bread and roses

Un matin sorti de l’ombre d’un camion où tu attendais
D’arriver quelque part, tu ne savais, mais loin du danger
Qui pesait sur ton corps encore jeune mais déjà marqué,
Par la violence, l’indifférence, envers les peuples oubliés.

Au tout premier souffle, au premier regard, pour ta nouvelle vie
Tu ressentis dans ton âme, dans ton cœur, que tu avais vieilli.
Fatigué, abandonné tu te sentais chavirer.
Mais il fallait continuer pour les êtres que tu chérissais.

Tant, maintenant ils te manquent tant
Et ça, depuis longtemps.
Mais tu les reverras quand
Les temps seront plus cléments.

Petit à petit, tu as construit une nouvelle existence,
Depuis ce jour où le voyage s’arrêta en France.
Mais il fallait encore passer l’épreuve des papiers,
Outrepasser les frontières des cœurs envenimés.

Je n’ai pas oublié ton sourire qui illuminait
Les pages blanches d’un cahier où tu écrivais
Les souvenirs, les pensées, les cauchemars qui toujours te hantaient
D’un au revoir, un camion, un bateau, qui soudain t’éloignaient.

A mes petits frères de cœur : Arafat, Hasnain, Zaïd, Manef, Vasitharan, Banujan et tous les autres. Que la vie vous sourit !

( Auteure: Géraldine D )


(Pour les ouvrières du textile)

Transpirer des rivières de sang
Respirer sous le joug des puissants
Saturer et un jour s’éveiller
Refuser d’être surexploitée
Hurler sa rage et sa colère
Brûler les usines meurtrières
Piller les richesses dérobées
Briller d’une flamme  révoltée

Celles qui n’ont pas de droits mettent le feu aux poudres
Les ouvrières se lèvent et veulent en découdre
Leurs entrailles tissées sont au bout des rouleaux
Des tissus flamboyants pour belles d’occident

Fight fight fight for your rights
Break break break your chains
Fight fight fight for your rights
Never say die and try to live

Briser le temps de servitude
Oublier les temps de solitude
Chasser la misère qui sévit
Passer de la mort à la vie
Clamer ses désirs exaltés
Enflammer son  cœur ensommeillé
Chanter ses utopies oubliées
Pimenter le monde d’un rire ensoleillé

Celles qui n’ont pas de droits mettent le feu aux poudres
Les ouvrières se lèvent et veulent en découdre
Leurs entrailles tissées sont au bout des rouleaux
Des tissus flamboyants pour belles d’occident

( Auteure: Raymonde S )


Nous n’avons pas besoin du rêve capitaliste,
Nos rêves nous appartiennent.
Nous n’avons pas besoin des majors,
Notre musique nous appartient.
Nous n’avons pas besoin des religions,
Nos destinées  nous appartiennent.
Nous n’avons pas besoin des partis,
La politique nous appartient.

En dehors de vos prisons
Nous construirons notre avenir.
En dehors de vos systèmes,
Nous déciderons de notre sort.

Nous n’avons pas besoin de votre information,
L’information nous appartient.
Nous n’avons pas besoin de la téléréalité,
Nos cerveaux nous appartiennent.

Nous n’avons pas besoin de tous vos artifices,
Nos corps nous appartiennent.
Nous n’avons pas besoin des frontières,
La terre nous appartient.

( Auteure: Géraldine D )
( Traduction en allemand: Isa )


La terre tremble autour de moi,
Le vent souffle sur ma tête,
Mes compagnons se mettent à courir.
C’est comme le roulement du tonnerre,
Mais sans la lumière des éclairs
Si ce n’est celle des  fusils.

Penseras-tu à moi
Quand tu porteras mon corps ?
J’espère qu’il te rendra belle
J’espère qu’il te rendra heureuse
Me pleureras-tu
Toi qui as volé mon corps ?
J’espère qu’il te rendra beau
J’espère qu’il te rendra heureux ?

La peur soulève la poussière
Vers le ciel empli de violence,
Pendant que le désespoir s’écrase sur le sol.
J’entends ceux qui me sont chers
Hurler de peur et de souffrance,
Alors qu’un tir arrête ma course.

Le soleil disparait de ma vue,
Je le vois seulement lui, qui sourit
Quand il arrache ma défense de ma tête.
Je fus une femelle éléphant
Qui aimait jouer, qui aimait vivre.
C’est la fin,
La fin…

( Auteure: Géraldine D )


Pendant des années, mes nuits furent habitées
De sombres cauchemars où des soldats trainaient
Mes parents et mes frères vers une mort annoncée.
Quand tout se terminait, le silence enveloppait
Les larmes essuyées, la joie de se réveiller
Sur une nouvelle journée avec ceux que j’aimais.

Et je voyais les miens,
Ceux auxquels je tiens,
Qui seront toujours là
Quand moi, ça n’ira pas.
Et je voyais ce rien,
Qui te donne de l’espoir
Quand tu traînes comme un chien
Tes idées les plus noires.

Une vie simple et sans fortune s’ouvrait à moi,
A parcourir les champs, à traverser les bois,
A écouter le chant d’une nature bienveillante.
J’avançais sans frontières, si libre et insouciante,
Bien loin de la violence des fantômes entassés,
Qui balancent leur peur sur leurs visages fermés.

Et je voyais les miens,
Ceux auxquels je tiens,
Pour qui je serai là
Quand eux, ça n’ira pas.
Et je voyais ce rien,
Qui te donne de l’espoir,
Quand tu traînes comme un chien
Tes idées les plus noires.

J’ai fouillé dans les livres, j’ai cherché dans le temps
Ce qui pousse les hommes à baigner dans le sang
Leur rêve de liberté et je n’ai rien trouvé.
Il ne nous reste alors qu’à vivre intensément,
A brandir la révolte comme seul étendard,
Eternels insoumis à notre humanité,
Pauvres amoureux de vivre à en crever.

Et je verrai les miens,
Ceux auxquels je tiens,
Qui seront toujours là
Quand moi, ça n’ira pas.
Et je te dirai « Viens,
Ensemble c’est bien mieux !
Tu seras là pour moi,
Je serai là pour toi »

( Auteure: Géraldine D )


J’ai vu les crocs du temps ravager les façades
Des civilisations.
J’ai vu les cathédrales dans mille coins du monde
Défier l’horizon.
Des fortifications, protéger la raison
Du plus fort escadron.
J’ai vu des dieux de pierre écraser les passants
De leur pied de géant.

J’ai touché le sacré d’une figurine de bronze
Que les femmes convoitaient.
J’ai touché les murs blancs qui abritaient les songes
Des statues oubliées.
La grâce d’un éléphant qui s’est baissé vers moi
Pour que je l’accompagne.
J’ai touché la beauté un soir sur les montagnes
Des basses Pyrénées.

A corps perdu, je continue.

J’ai  entendu le râle du dernier forgeron
Frappant l’acier sanglant.
J’ai entendu les balles de la folie des hommes
Résonner dans le vent.
La plainte d’un violon envahir les conduits
D’un métro endormi.
J’ai entendu ma mère m’appeler pour sortir
De mes rêves d’enfant.

J’ai goûté au bonheur de l’amour naissant
Au creux de l’oreiller.
J’ai goûté aux tourments de l’amour fuyant
Les cœurs empoisonnés.
Les délices sucrés des saveurs de l’Orient
Qui m’ont emprisonnée.
J’ai goûté à la joie du vin de l’amitié
Qui ne cessera jamais.

J’ai senti la fumée de la mort s’approcher
Sur les rives du Ganges.
J’ai senti un baiser voulant me rassurer
Sur les coins de ma frange.
Le feu d’une cheminée emportant l’être aimé
Vers sa folle destinée.
J’ai senti qu’il fallait vivre à s’en épuiser
Pour prendre sa revanche.

A corps perdu, on continue…

( Auteure: Géraldine D )


L’obscénité gouverne le monde,
Plus de place pour la naïveté ni la gentillesse,
Mais pour la guerre et la souffrance.

L’Humanité à ouvert la boîte de Pandore
La destruction, la souffrance et la mort
Ont envahi nos maisons.
Les murs du repli et la peur,
Infestent nos cœurs.

Quand certains meurent de faim
Et travaillent durement
D’autres font un régime
Et deviennent riches sur leur dos.

Un monde obscène…

Le sang noir de la terre
Se déverse dans les océans
Tuant la vie de là où elle vient,
Broyant le futur des générations à venir.
L’homme  a trouvé son pire prédateur :
Lui-même.

Les animaux payent le tribut
De notre folie à vouloir contrôler la nature
Exploités, épuisés et chassés,
Ils payent le prix de notre décadence.

L’équilibre est presque rompu.
Allons-nous continuer à détruire,
A dominer et contrôler le monde.
Sommes-nous fous de ne pas voir
Que le moment de notre disparition approche ?

( Auteure: Géraldine D )


En amour comme en émeute,
C’est bien le cœur qui bat,
Comme  le bruit de nos pas
Sur les pavés de nos envies.

C’est aussi  le souffle court
De nos respirations
Résonnant à l’unisson
Au rythme des déflagrations.

C’est encore le sang  qui bouillonne
Dans les rues et les artères
Comme  le pétrole de la Commune
En nos corps enflammés.

C’est finalement l’adrénaline
Qui attise le feu de nos étreintes
Et notre désir de liberté,
En amour comme en émeute.

( Auteur: Eric T )


Ils t’ont chopée, frappée, baisée et séquestrée,
T’ont humiliée, violée, insultée, maltraitée.
Ils t’ont brûlée, lynchée, rasée et mutilée,
T’ont outragée, blessée, tuée, handicapée.

J’en peux plus d’entendre les souffrances
Des femmes qu’on traine, qu’on jette dans la boue de l’existence.
Que l’on achète, qu’on siffle, qu’on vend, que l’on ficèle,
Qu’on traite de salopes, quand elles se baladent tranquillement
Et qu’on relègue, sans cesse aux tâches subalternes,
Sur qui  l’on bave quand elles prennent les choses en main.

Ne baissons plus jamais les yeux
Et rendons les coups qu’on nous donne.
Il est temps que les choses changent
Nos corps, nos vies nous appartiennent !

Ils ont usé, usé ta beauté à l’exploiter sur le pavé.
Ils t’ont tournée, tournée pour avilir ton corps et le flinguer.
Ils t’ont jetée de l’acide pour te faire payer ta liberté,
T’ont lapidée pour te punir d’avoir aimé qui tu voulais.

J’en peux plus de voir toutes ces publicités
Qui traitent les femmes comme des objets à consommer.
Le wonderbra je vais te le serrer autour du cou.
La Lolita le parfum elle va te le jeter à la gueule.
Ta belle bagnole, la blonde elle va te l’emboutir
Et en vélo, tu seras peut être un peu moins con..!

( Auteure: Géraldine D )


Alors que nous marchons, marchons dans la beauté du jour,
Un million d’obscures cuisines, un millier de sombres moulins à grain
Sont atteints par les rayons qu’un soleil fulgurant laisse percer
Pour le peuple qui nous entend chanter : « Du pain et des roses ! »

Alors que nous marchons, marchons, nous nous battons aussi pour les hommes,
Qui sont les enfants de nous les femmes, et nous les maternons encore.
Nos vies ne devraient pas n’être que labeur, de la naissance à la fin;
Les cœurs, comme les corps meurent de faim ; Donnez-nous du pain, mais aussi des roses !

Alors que nous marchons, marchons, un nombre incalculable de femmes meurent
Et hurlent à travers nos chants, leur ancien cri pour le pain.
Un peu d’art, d’amour et de beauté, que leurs esprits besogneux connaissaient.
Oui, c’est pour le pain que nous nous battons, mais aussi pour les roses !

Alors que nous marchons, marchons, nous apportons des jours meilleurs.
Le soulèvement des femmes,  signifie le soulèvement de la race.
Plus de besogne, ni de paresse, dix qui peinent quand un se repose,
Mais le partage des gloires de la vie : Du pain et des roses ! Du pain et des roses !

( Auteur: James Oppenheim, 1911 )

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