10 décembre 2018
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A corps perdu

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Cartouche A corps perdu

Quand je me tourne vers le comptoir,
Alors je croise ton regard
Et je sais que l’on s’est compris :
« Oui, l’on va se tirer d’ici ! »
Pour un soir se faire la belle,
Retourner toutes les poubelles.
Et pour des mois, très loin, là bas
Là où on ne nous trouvera pas.
Toi et moi.

On, se raconte des histoires
De Révolution et d’espoirs.
On se dit qu’on va y goûter
Avant qu’on ne vienne à crever.
C’est pour ça qu’on bat le pavé
De nos foulées contestataires
Et que l’on scande à tue-tête
« Partageons les richesse ! »

Si parfois, on en vient aux mains
Quand le pire a été atteint
De ce que l’on peut supporter
D’atteinte à notre dignité,
Il reste au fond de nos cœurs
Toujours un peu de douceur.
Et au Diable on vendrait notre âme
Pour ce sourire qui nous désarme.

Antisociaux. Marginaux.
Désespérés. Un peu crâneurs
Solidaires. Bagarreurs
Passionnés. Provocateurs.

( Auteure: Géraldine D )


Here comes the time to jump and dance
And yell together, “we will not let them
Destroy our dreams, crush our rights
To live anywhere, anyhow we want it”

Hey! Little boy, close you eyes, I don’t want you to see
The police who arrest your comrade cos’ he’s an illegal.
They’ve got a quota of eviction to respect.
How can i explain you this history, me
Who taught you the time they were doing the same
To people with a star on their heart.

Hey Little boy, take my hand, together we will be stronger
To blind authority which kill the smile of liberty.
Friendship and solidarity can make the system falling down
And built a society which respect the communities and individualities
To never see again people injured for what they are.

( Auteure: Géraldine D )


Le jour de Sacco-Vanzetti
Sur le port sur le port de Dieppe
Mais comment cela se fait-il
Qu’il y eut seulement des guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

Quand les affiches du Parti
Disaient d’aller au port de Dieppe
A quoi cela ressemblait-il
Qu’il y eût seulement des guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

N’en voilà t-il un apprenti
Qui d’aller sur le port de Dieppe
S’était tout un roman bâti
Pour n’y rencontrer que des guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

Qu’est ce que tu croyais petit
Qu’il allait se passer à Dieppe
Aussitôt venu que parti
Pour n’avoir trouvé que des guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

Tu étais malheureux faut-il
Pour espérer autant de Dieppe
Comme un changement pressenti
Mais c’était compter sans les guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

Le mal d’aimer qu’on s’en sortît
En criant sur le port de Dieppe
Tu le croyais ferme et tu t’y
Trouvas tout seul avec les guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

P.-S. – La nuit d’après tu t’es menti
Dans ce vulgaire hôtel de Dieppe
Indifférent à la partie
Qu’avaient bien pu jouer les guêpes
Le jour de Sacco-Vanzetti

( Auteur: Louis A )


Rouges les perles qui s’écoulent de mon nez.
C’est rien, je sais, seulement le coup a porté.
Je n’ai pu l’esquiver, sa force se décuple
Quand il me frappe en criant et que moi je lutte.
Violet ton œil qui scrute ton regard dans la glace
T’as tellement honte de toi et si peur d’y faire face
Pourquoi déjà, tu ne t’en souviens plus,
Ca fait si longtemps que tu capitules.

Noirs les mots qui viennent assombrir le papier.
Humiliée, fourvoyée, broyée, effrayée.
Mots tendres et caresses devenus insultes et coups
Ne me font plus rien, m’inspirent juste du dégoût.
Roses étaient tes joues quand il disait t’aimer
Alors qu’il ne cherchait qu’à te posséder
Te dominer est ce qui le fait jouir.
Attendras-tu l’orgasme qui va te détruire.

Vert le numéro que je compose en hésitant.
Douce la voix me conseille de partir sur le champ.
Fuir, tout quitter, j’y ai pensé tant de fois
Comme il est dur d’abandonner tout ce qui est à moi.
Bleue la peur que tu as en l’attendant
Tu as choisi de partir en lui annonçant.
Voir, savoir ce qu’il en sera
Quand à son retour son monde s’écroulera.

( Auteure: Géraldine D )


N’as-tu jamais rencontré celui
Qui avait tout quitté pour que cesse la barbarie.
Un jour on l’appela Héros de la Nation
Un autre on le laissa sans honneur ni pension.

Quand le national décida que l’étranger,
Trahissait, en réclamant l’indépendance
Il lui fit payer par l’oubli, tout en célébrant les

Mort pour la France !

Il restait sur la table des négociations
Quelques dizaines d’euros pour laver la conscience,
Une carte du combattant ou les condoléances

Lui ne regrette pas d’avoir donné
Sa jeunesse et deux doigts à la Liberté
Question de dignité et de sens à sa vie.

60 ans après, les indemnités…
Comme un arbre qui cache la forêt,
Le centre de rétention aux nouveaux arrivants…
Les remerciements aux Anciens combattants et
Aux Morts pour la France

( Auteure: Géraldine D )


Moi j’connais bien le quartier d’la grande gare
Ses petites rues, tous ses porches et ses bars.
A l’hôtel de la rue, c’pas l’panard
Et autant pour c’qu’en est du trottoir.

C’est Jeannie à l’entrée du théâtre.
Si t’y donnes une thune, mais pas pour boire,
Te gueulera qu’c’est pour sa seize soixante quatre,
Assise en Apache, l’œil furibard.

C’est Betty la plus belle, c’est la reine.
Et comme ce taf c’est pas d’la rigole,
Elle s’fait rousse, brune, blonde sans aucune peine.
Cligne et z’yeute les messieurs qu’elle affole.

C’est mamie qui trimbale son cabas
Et au Bar de l’Ambiance chaque midi
Entre deux bistrots vous pointe son minois,
Entre deux tchatches, n’oublie pas son demi.

C’est-y pas Rosette qui te coince là :
« Viens j’te paye un café mon coco ».
S’les gèle dans sa jupe qui sur ses bas
Est aussi courte que son cœur est gros.

Et Willy, le boy very happy.
A la pause, le café, les copines,
Rue d’Buda, la tendance est sexy,
Surtout quand y’a quelques gars qu’ont belle mine.

Toutes les filles du quartier ne dansent pas
Ne valsent pas comme des midinettes.
Elles comptent les pavés au rythme de leurs pas,
Coin de Paris qu’c’est pas toujours la fête.

Et voilà, c’est le jour, c’est la nuit, c’est comme ça.
Et voilà, c’est toujours, et comme ci, et comme ça.

( Auteur: Eric T )


Ne t’en vas pas
Ne te jette pas
Ne cède pas au désespoir
Il faut y croire
Reste là !

Ange qui aurait volé trop vite
Tes ailes, fragiles furent abîmées
Par le silence résigné
De millions d’âmes apathiques.
Qui pouvait voir que ton cœur
S’écorchait à la vue des pleurs
Et recherchait dans la tourmente
Un sourire, une âme aimante.

Je me souviens que tu changeais,
Assez souvent, de carapaces.
Rousse comme ce feu en toi, tenace,
Brune comme les bières qui te soûlaient.
Ton corps respirait la révolte.
Tes yeux brandissaient des fusils.
Tu les retournas contre toi
Et ça, je ne leur pardonnerai pas.

J’ai saisi au vol la colère
Que tu jetas par la fenêtre
Pour la hurler et la brandir
Contre les briseurs de rêves.

On t’aimait, et ça ne s’oublie pas…

A Laurence

( Auteure: Géraldine D )


« Dédé le rouge » trinque au blanc
Et boit cul sec ses idées noires
Avec les potos au comptoir
Tous au chômage maintenant.
Quand les actionnaires, les salauds
En vinrent à délocaliser,
Il proposa d’autogérer, l’usine.
Mais le syndicat, ce complice
Eût peur de perdre la partie
Signa les accords d’entreprise
Et s’en fut fini du boulot !

S’il boit c’est pour boire avec toi
Alors sers-lui un grand verre de vodka.
Si je bois c’est pour boire avec toi
Alors sers-moi, fort dans tes bras.

Rosa « la folle » se noie souvent
Dans un double whiskey irlandais
Avec ses copines du pavé
Avant de rejoindre un client.
Quand les beaufs se pointent au rideau
Pour se faire bichonner gratis
Elle sort la 22 long riff. Surprise !
Elle rêve de pouvoir un jour
Assumer sa féminité
Avoir les plus beaux seins de Paris
Et ne plus être « le travelot ».

Moi ? Je veux oublier ce soir
Que je n’aurai jamais le temps
D’apprendre mille instruments
Et de vivre tous mes espoirs.
Quand je me lèverai demain
J’aurai toujours ce goût amer
D’alcool et de désillusion
Avant qu’ils ne fondent dans le café.
Mais je sourirai encore
Je me battrai encore
Je manifesterai encore
Et je boirai encore.

Si je bois c’est pour boire avec toi
Alors sers-moi un grand verre de vodka
Si je bois c’est pour boire avec toi
Alors sers-moi fort dans tes bras.

( Auteure: Géraldine D )


It’s too late, to make me change
I will die with that flame which drive me on
With no complain, no fear, no pain
As long as the dream of a better world still going on.
But please, stay with me, and don’t leave there
The life that we built all together.

I had a dream
Of you and me
Standing up united
Defying the law of power and dread.

“Daily life is killing love, hope and desire”
We all one day think things like this.
We prefer to flee, to lie and compromise
With morality, rather than to enjoy life.
But please don’t do this, act like you feel.
And make our dreams being reality.

It’s too late to make me change
I will live with that flame.
So if you turn to an easy way
I will leave there with grief and tears
But no regret. And till the death
I will live on my hearts.
But I hope…

It’s too late to make us change.

( Auteure: Géraldine D )


Sous le regard indifférent du Taj Mahal
Sous les prétextes fumeux d’une culture millénaire
Sous la puissance sociale d’un ordre patriarcal
La féminité capitule face aux voix mensongères.
Ces lieux où valsent les violences conjugales
Chaque jour, des crimes sans nom se perpétuent,
S’égrainent sans bruit dans les maisons violentes
Ces musées des horreurs où à petit feu vif on tue
L’âme de celle qui y vit, la servante morte vivante
Sous le regard indifférent du Taj Mahal.

Sous le regard indifférent du Taj Mahal
Uttar Pradesh, des femmes ont relevé la tête
Ont osé dire NON! Ont décidé de vivre leur vie
De rendre coup pour coup, jouer les trouble-fête.
Refuser, affronter, combattre l’infamie
Attention ! Intouchables elles jouent les banditas
S’organisent et défendent la caste la plus basse
Si elles s’habillent en rose, c’est pour désobéir
Et dès aujourd’hui les roses de la vie cueillir
Sous le regard indifférent du Taj Mahal.

Sous le regard indifférent du Taj Mahal
N’entends-tu pas, ma sœur, hurler la noire misère
Entends-tu se lever là-bas comme un vent de colère
Les cris de 200 femmes redresseuses de torts
Sans savoir lire, sans prophète, ni mentor
Les justicières indiennes, roses autodidactes
Exubérantes, belles et incorrectes
Ensemble et solidaires, sans peur elles passent à l’acte
Et sèment les graines de l’action directe
Sous le regard bienveillant du Taj Mahal.

Si les roses sont désirables
N’oublie pas qu’elles sont capables
De frapper, de résister
Quand elles sont violentées…


( Auteur: Raymonde S )


Zog nit kejnmol,

Zog nit keyn mol, az du geyst dem letstn veg,
Ven himlen blayene farshteln bloye teg,
Vayl kumen vet nokh undzer oysgebenkte sho,
S’vet a poyk ton undzer trot – mir zaynen do!
Car sonnera pour nous l’heure tant attendue
Nos pas feront retentir nos cris : Nous sommes là !

Fun grinem palmenland biz vaysn land fun shney,
Mir kumen on mit undzer payn, mit undzer vey;
Un vu gefaln iz a shprits fun undzer blut,
Shprotsn vet dort undzer gvure, undzer mut!
Là où est tombé la plus petite goutte de sang
Jaillira notre héroïsme et notre courage

S’vet di morgnzun bagildn undz dem haynt,
Un der nekht vet farshvindn mit dem faynt,
Nor oyb farzamen vet di zun in der kayor,
Vi a parol zol geyn dos lid fun dor tsu dor!
Et si le soleil devait tarder à l’horizon
Ce chant se transmettra comme un appel

Dos lid geshribn iz mit blut, un mit blay,
S’iz nit keyn lidl fun a foygl oyf der fray, –
Dos hot a folk tsvishn falndike vent
Dos lid gezungen mit naganes in di hent!…
Un peuple entouré de murs qui s’écroulent
L’a chanté, le pistolet nagan à la main !

Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin
Malgré les cieux de plomb qui cachent le bleu du jour
Car sonnera pour nous l’heure tant attendue
Nos pas feront retentir nos cris: nous sommes là!

( Auteur: Hirsh Glick, Vilnius Ghetto, 1943 )

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